Assurance : les 5 risques importants
Assurance : les 5 risques importants (fichier PDF en bas)
Un organisme m’a demandé de lui parler des types d’assurances importantes. Je vous transmets donc aussi ce texte si ça peut vous être utile.
Ce qu’il faut couvrir : ce qui est peu probable mais catastrophique
On ne couvre pas des petits montants (garantie prolongée sur un toaster) qui ne mettent pas en cause la situation financière. Et si le risque est probable (comment changer ses lunettes régulièrement) le coût d’assurance est trop élevé.
On n’assure pas ce qui peut se budgétiser
Les 5 principaux risques
- Invalidité(qu’on appelle aussi assurance salaire quand il s’agit d’un collectif) : c’est de loin le plus grand risque pour la plupart des gens encore actif. On peut parler de 2 ou 3 ou 5 ou 10 millions de $$$ de perte, en plus d’être malade ou handicapé. Jamais trop tard pour y penser (sauf si la maladie/handicap est déjà là). Si un jeune n’a pas les moyens ou ne veut pas payer, les parents devraient couvrir leur enfant dès qu’ils sont sur le marché du travail car ce sont eux qui sont « l’assureur » en cas de pépin (un parent ne laissera pas un enfant en difficulté). On peut arrêter la couverture 2-3-4 ans avant la retraite. La rente d’invalidité cesse à 65 ans (comme la retraite souvent). Il faut donc aussi épargner durant l’invalidité (comme un travail que l’assurance remplace)
- Il faut prendre une assurance haut de gamme (profession habituelle couverte jusqu’à 65 ans et assurabilité garantie à mesure que les revenus montent pour augmenter le couverture). Les collectifs sont mieux que rien mais ils sont souvent bas ou moyen de gamme, mieux vaut ajouter une assurance personnelle en plus (ça coute alors un peu moins cher et on reste couvert si on change d’emploi).
- L’assurance invalidité coute cher qu’on dit … on s’en fiche
- Certains domaines d’étude sont assurables même si un jeune ne travaille pas. Par exemple, ma fille étudiait en physio et dès la 3e année d’étude, elle pouvait être couverte. Ce qui fut fait après une journée de sa 3e année … ah ah. Pour les médecins, c’est dès la première année.
- Vaste sujet tellement important
- Assurance voyage: ouf … ne pas s’en passer même pour une petite promenade au Maine. Souvent inclut dans le collectif. Être soigné aux USA (et ailleurs) peut couter une petite fortune, même si la RAMQ en rembourse une partie.
- Maison/condo: quand il y a une hypothèque, on n’a pas le choix de la couvrir mais même une fois libérée, il faut continuer. Les gens sont d’accord en général.
- Cela inclut l’assurance du contenu et l’assurance responsabilité civile (importante). Pour le contenu, il faut être « raisonnable »
- Pour les locataires, il est préférable aussi d’avoir une assurance contenue (sans exagérer) mais c’est surtout l’assurance responsabilité civile qui est importante (quoique souvent exigée par le propriétaire)
- Assurance responsabilité professionnelle : souvent obligatoire par l’ordre professionnel mais parfois pour d’autres domaines, il faut aller de l’avant
- Assurance vie s’il y a des dépendants :la vraie question : « si je meurs, y a-t-il quelqu’un dans le trouble ? : conjoint moins fortuné, jeunes enfants, assurance rachat de part (pour les gens en affaire ou pour une entreprise fragile).
- On parle d’assurance temporaire seulement. Peut-être une exception : enfant handicapé qui sera toujours à charge même si le parent décède à 90 ans. Il faut alors une permanente (quoique dans certaines situations plus délicates où l’espérance de vie de l’enfant handicapé est limitée, on peut se limiter à une temporaire).
- À un moment donné, l’assurance est inutile, surtout à la retraite où il n’y a plus de perte de revenu en cas de décès d’un conjoint. Le capital est déjà amassé.
- Le plus souvent, il faut éviter les polices au premier décès ou les multi-vie. Économie faible par rapport aux inconvénients plates possibles. On évite aussi les polices sur les jeunes enfants. Si on croit avoir un besoin bientôt, on peut prendre l’assurance plus rapidement pour protéger l’assurabilité mais c’est quand même rare. Mais ce n’est pas pour économiser. On paiera une prime peut-être plus faible mais on l’aura payé plus longtemps.
- L‘assurance ne réduit pas l’impôt au décès. Mauvais raisonnement. Elle peut servir dans les rares cas où les autres actifs ne sont pas liquides pour faire face à l’impôt au décès.
- On n’assure pas les ridicules derniers frais avec une permanente. Pas un risque catastrophique. Argument sans valeur.
- De même pour les dettes. La présence d’une dette (hypothèque ou prêt-auto ou autres) n’implique pas forcément le besoin d’une assurance temporaire. La question : le conjoint est-il dans le trouble en cas de décès ? Et bien sûr, on refuse les couvertures d’assurance des créanciers hypothécaires (surtout pour l’invalidité) ou des sociétés de financement automobile. Préférable une couverture personnelle si le besoin est là.
- À l’inverse, l’absence de dette n’implique pas qu’il ne faut pas s’assurer. Un locataire qui se déplace à vélo, peut avoir un besoin d’assurance selon sa situation familiale et personnelle même sans la moindre dette
- L’assurance permanente est une forme de placement et non un outil de protection (dans l’immense majorité des cas). Pour les gens fortunés qui ont un excédent successoral (ils ne verront pas le bout de leur argent), ça peut être un bon outil.
Comme vous avez pu le constater, je n’ai pas inclus la voiture dans les 5 risques. S’il y a une dette ou une location, c’est obligatoire mais sinon, c’est juste l’assurance autrui qui est obligatoire au Québec. Pas obligé d’être assuré des « deux bords » comme on dit. Ça devient alors un choix personnel en se disant : je vais peut-être posséder 8 à 10 voitures dans ma vie et combien seront pertes totales (vol ou accident)? Vaut-il la peine de couvrir ce risque ? Faut-il couvrir une voiture qui vaut 5000$ ? Si la voiture vaut 50 000 (sans dette), peut-être que oui mais c’est à chacun de voir. Ce n’est pas forcément un risque catastrophique, mais ça dépend de la situation de chacun. Les gens à faibles revenus, ont souvent plus de risques catastrophiques à couvrir (un peu paradoxal). Même principe pour les garanties prolongées liées à toute sorte de chose sur la voiture : c’est non partout ! Et ne pas oublier : si la garantie conventionnelle couvre le moteur durant 3 ans et qu’il saute après 3 ans et un jour, la garantie légale est là.
Et bien sûr, pour les stupides garanties prolongées pour toutes nos bébelles : cellulaire, poêle, laveuse, sécheuse, frigo, micro-onde, etc. : c’est non tout le temps. S’il y a un problème on remplace c’est tout. Ça va couter moins cher que de couvrir toutes ces choses à chaque année. Et encore ici, la garantie légale est là pour les cas extrêmes.
Un petit commentaire à part lié au monde de l’assurance
Pour finir sur le thème de l’assurance, un fait un peu rigolo : On parle beaucoup d’écologie ces temps-ci. Les écolos se font traiter de khmer vert, on parle d’écologie punitive et on n’aime pas particulièrement le mot Décroissance. S’il y a un secteur qui n’aime pas la décroissance c’est bien le monde de l’assurance habitation. Ce secteur est parfaitement intégré dans l’économie. Mais en raison des feux de forêts, il y a plusieurs assureurs qui sortent du marché (par exemple en Californie ou en Australie) ou qui augmentent les tarifs. Que se passera-t-il si les assureurs ne veulent plus couvrir les immeubles ? Y aura-t-il encore des créanciers hypothécaires intéressés à prêter sans cette garantie? Est-ce qu’il y aura des acheteurs de maison sans cette couverture ? Et les propriétaires actuels, voudront-ils faire des rénovations ou des réparations ? Bref, ça ne sera pas les écolos qui vont forcer la décroissance mais une business très capitaliste… ahah
Éric Brassard
Voici le PDF https://ericbrassard.ca/wp-content/uploads/2025/09/Assurance-5-risques-sept-2025.pdf


Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !